Prise de parole en public : Vous ne manquez pas de techniques, vous manquez d’ÊTRE

24 novembre 2025

Prise de parole en public : Vous ne manquez pas de techniques, vous manquez d’ÊTRE

Imagine la scène. Tu es là, assis dans ce fauteuil en cuir de la salle du Codir. Sur le papier, tu es un « colosse ». Ton CV en impose, tes équipes te respectent, ton expertise technique est indiscutable. Pourtant, à l’intérieur, c’est de l’argile.

Tu t’es déjà demandé pourquoi, malgré vingt ans de carrière, ta gorge se serre encore comme celle d’un stagiaire dès qu’il s’agit d’aborder une prise de parole en public importante ? Tu connais ton sujet par cœur. Tu as lu tous les livres sur le leadership. Tu as peut-être même essayé la respiration abdominale dans les toilettes ou le « power posing » juste avant d’entrer.

Et pourtant… Au moment de parler, tu as l’impression de ne délivrer que 10 % de la puissance que tu as en tête.

Je sais exactement ce que tu ressens. J’ai passé des années à essayer de « corriger » mon bégaiement avec des techniques, avant de comprendre que le problème n’était pas ma bouche, mais la peur qui la pilotait.

La vérité que peu de formateurs osent dire, c’est que toutes les techniques d’art oratoire du monde ne serviront à rien si ton socle intérieur est friable. C’est le principe fondateur de la méthode EC3 : quand l’intérieur est stable, l’extérieur suit.

Pourquoi la sur-préparation détruit ton impact managérial après 45 ans

Demain matin, 10h. Réunion stratégique. Tu connais la chanson : tu as relu tes slides dix fois, anticipé la moindre objection, appris tes chiffres par cœur. Tu es prêt, non ? En réalité, tu es déjà épuisé avant même d’avoir ouvert la bouche.

C’est le paradoxe cruel du manager expérimenté. Entre 40 et 55 ans, tu as accumulé une expertise massive. Mais plus tu montes dans la hiérarchie, plus la chute te semble vertigineuse. Tu as la sensation d’être « petit » à l’intérieur alors que tout le monde te voit « grand » à l’extérieur.

Le piège du « Faire pour Avoir » du charisme

Le marché de la formation classique t’a vendu un mensonge : « Fais ces gestes avec tes mains, pose ta voix dans les graves, respire en carré, et tu auras du charisme. »

Sauf que ça ne marche pas. Ou du moins, ça ne marche qu’en surface. Tu deviens un bon « acteur ». Mais à la première question déstabilisante du DG, au premier enjeu vital, le vernis craque. L’adrénaline monte, le cerveau reptilien prend le dessus, et tes belles techniques de gestion du stress s’évaporent.

Pourquoi ? Parce que tu essaies de plâtrer l’extérieur alors que l’intérieur hurle. Tu es piégé dans un perfectionnisme paralysant : ne pas bégayer, ne pas avoir de trou de mémoire, ne pas laisser voir la faille. Tant que tu restes dans ce paradigme, chaque prise de parole est vécue comme un tribunal.

De l’expert sous pression au chef d’orchestre aligné

Sortons de l’illusion technique pour descendre dans la salle des machines. Là où tout se joue vraiment : dans l’Invisible. La plupart des méthodes attaquent le problème par le toit : elles tentent de corriger tes actions (la voix, la posture) pour changer tes résultats. La méthode EC3 inverse totalement la vapeur. Nous partons de ton Identité et de tes Croyances.

Car c’est une loi immuable : ce que tu crois sur toi détermine ce que tu ressens, qui détermine in fine la qualité de ta communication orale.

Étude de cas : Sortir du Syndrome de l’imposteur

Prenons un exemple concret. Imagine un directeur technique, appelons-le Marc. Marc est une encyclopédie vivante. Mais en réunion, il vit un enfer : il se sent obligé d’avoir réponse à tout, instantanément.

Sa croyance racine ? « Si je ne sais pas, je ne suis pas légitime ». Résultat : il est en sur-contrôle, sa voix est tendue, son débit précipité.

Avec EC3, nous n’avons pas travaillé sa voix. Nous avons travaillé son alignement intérieur. Le déclic s’est fait quand il a changé de costume. Il est passé du rôle d’Expert (celui qui sait tout) à celui de Chef d’Orchestre (celui qui distribue la parole). Un chef d’orchestre ne joue pas de tous les instruments. Il n’a pas besoin de prouver qu’il sait jouer du violon mieux que le violoniste.

Dès que Marc a ancré cette nouvelle identité, tout a changé. À l’intérieur : la peur du jugement s’est évaporée. À l’extérieur : sa posture s’est ouverte naturellement. Il est devenu cette puissance tranquille.

Exercice : Cesse de jouer un rôle et retrouve ta voix

Tu n’as pas besoin d’une nouvelle formation en art oratoire. Tu as besoin de regarder en face le costume que tu enfiles avant d’entrer en salle de réunion. Je te propose une réflexion en trois temps pour préparer ta prochaine prise de parole en public.

1. Identifie ton costume actuel (Le Masque)
Ferme les yeux et repense à ta dernière réunion tendue. Qui étais-tu ? « L’expert terrorisé à l’idée de la faute » ? « L’élève modèle qui a peur de se faire gronder par son N+1 » ? Note l’émotion qui va avec : peur, honte, contraction ?

2. Choisis ton costume sur-mesure (L’Alignement)
Si tu respectais vraiment tes valeurs profondes, quel rôle serait juste pour toi ? Si ta valeur haute est la « Transmission », désactive le mode « Performance » et active le mode Passeur.

« En réunion, je ne suis pas là pour être brillant, je suis là pour être utile. »

3. L’ancrage avant l’action
La veille de ton prochain Codir, pose-toi cette unique question : « Est-ce que je vais y aller pour me protéger, ou pour contribuer ? »

Quand la voix tremble encore… mais que la légitimité ne bouge plus

Je vais te raconter l’histoire d’un dirigeant que j’ai accompagné. Appelons-le Thomas, 48 ans. Il y a cinq ans, Thomas a eu un trou de mémoire violent en pleine présentation. Un « blanc » total. C’est le profil « post-trauma » classique : il vivait dans la terreur que ça recommence.

Avec l’approche EC3, nous n’avons pas cherché à « supprimer le stress ». Vouloir supprimer une émotion, c’est la renforcer. Nous avons travaillé sur sa reconnexion à ses valeurs. Nous avons remplacé sa croyance toxique par une vérité plus forte : « Ma crédibilité vient de ma vision stratégique, pas de la perfection de ma diction. »

Le résultat ? Quelques semaines plus tard, face à une réunion tendue, sa voix a tremblé au début. Mais pour la première fois, il ne s’est pas effondré. Il a accueilli le tremblement et a continué. Le feedback de son DG ? « Tu étais très clair et particulièrement courageux. »

Sa plus grande victoire n’était pas technique. C’était de ne plus dépendre du regard de l’autre pour se sentir solide.

Reprends le pouvoir sur ta parole

Ce voyage, ce n’est pas devenir un orateur showman à l’américaine type TEDx. Ça, c’est du cinéma. L’objectif, c’est de retrouver une parole authentique. Une parole qui ne cherche plus à prouver, mais simplement à exprimer ce qui est déjà là, en toi.

Ce n’est pas ta voix qu’il faut réparer. C’est ton rapport à toi-même.

Alors, la prochaine fois que tu entreras en réunion, quel costume vas-tu choisir : celui de l’expert qui tremble de peur, ou celui du leader aligné qui n’a plus rien à prouver ?

Libère ta parole

Si tu sens que l’armure est devenue trop lourde et que tu es prêt à travailler sur les fondations plutôt que sur le papier peint, découvrons ensemble comment la méthode EC3 peut libérer ta parole. Ton expertise mérite d’être entendue, pas subie.

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